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Quid de la recapitalisation d'OTC?
20/01/2009  – L'Echo 20/01/09
Euronext Brussels a décerné jeudi dernier ses «best performers awards», prix qui récompensent traditionnellement les progressions de cours de Bourse les plus spectaculaires intervenues durant l'année écoulée sur les différents segments de marché.

Pour l'édition 2007, c'est l'arbitragiste bruxellois Option Trading (OTC), coté sur le Marché libre, qui avait remporté la palme, toutes catégories confondues.

En l'espace de douze mois, cette société est passée du paradis à l'enfer; en Bourse, cela s'est traduit par un cours divisé par onze, à moins de 2 euros l'action. Et les perspectives sont rien moins qu'inquiétantes, car son capital confiance est épuisé.

Un premier ressort s'est cassé dès janvier 2008, avec le départ de deux traders convaincus que leur contribution à la croissance des résultats n'avait pas été dûment récompensée. Soit, se défendait alors la direction, des embauches additionnelles allaient compenser cela.

Pourtant, à mesure que les mois passèrent et que les difficultés s'accumulèrent, l'ancien «bon élève en termes de communication» eut tôt fait de rejoindre les rangs des médiocres, expérimentant à son détriment l'adage selon lequel il est toujours plus facile de communiquer quand tout va bien que quand les nuages noirs s'accumulent.

L'enfer, c'est les autres

Le pire fut sans doute atteint début octobre, lorsque table rase fut faite du personnel, hormis les deux actionnaires-fondateurs, au motif que tous ces collaborateurs «mal formés» coûtaient plus qu'ils ne rapportaient. Or c'est sur eux que reposaient la crédibilité du business plan esquissé dans le prospectus de mise en Bourse!

Mais la désillusion se nourrit d'un élément plus sinistre encore: derrière ce foyer de pertes se dissimulait tant bien que mal un autre, plus lourd de conséquences pour les comptes de la PME, et entièrement imputable, celui-là, aux deux dirigeants.

Eux qui juraient jadis que s'exposer à un risque inutile n'était pas leur lot ont en effet dilapidé une fortune en optant pour un placement aléatoire dans des obligations perpétuelles estampillées Fortis. La chose aurait pu être «pardonnée» - après tout, c'est d'abord leur argent - s'ils avaient fait amende honorable, mais ils ont, au contraire, cru bon de présenter la sauce à leur façon, c'est-à-dire en s'exonérant, et même en jugeant «remarquable» leur sens du timing au moment de limiter les dégâts. Ils ont sans doute sacrifié de la sorte le peu de crédit qui leur restait.

La panique est bien mauvaise conseillère.

Page blanche

Et ce n'est pas tout. Le dernier errement en date trouve son origine début décembre, quand OTC a informé le marché que sa situation financièrement délicate avait nécessité une recapitalisation à hauteur d'un million d'euros, montant prétendument apporté par un pair néerlandais, Scrocca Trading Group. Un mois plus tard, on ignore toujours les détails de la transaction et ses implications pour l'actionnariat existant. Dilution? Cours référence? Identité du partenaire? Ambitions? Mais de cela, on ne se préoccupe plus guère chez OTC.

Du reste, le site internet de la société - une page blanche - donne une idée de la situation actuelle. Il paraîtrait que c'est délibéré. 

Fabian Lacasse


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