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Le Marché libre et Alternext font de la résistance face à la crise
22/08/2007  – L'Echo 22-08-07
Comparés aux différents segments du Bel 20, les marchés d'Euronext consacrés aux PME et aux petites capitalisations résistent nettement mieux aux tempêtes boursières à répétition que l'on a connues dernièrement.

Le «subprime» a épargné les marchés de PME. Jusqu'ici du moins…

L'incendie «subprime» qui s'est impitoyablement propagé à l'ensemble des places boursières mondiales au cours des dernières semaines a, curieusement, épargné les segments les plus fragiles. A Bruxelles en tout cas, le Marché libre bruxellois et, dans une mesure moindre, Alternext, affichent une remarquable résistance au mini-séisme.

A y regarder de près, toutefois, le phénomène n'est pas aussi étonnant que cela.

Parce que les acteurs les plus impliqués dans la crise qui secoue la planète sont les géants de la finance: banques, assurances et autres organismes de crédit d'un côté, fonds d'investissement de l'autre. Or ceux-là n'ont guère d'intérêt, ni d'engagement dans les marchés réservés aux PME. Trop petits, trop étroits, trop peu liquides… Ils n'ont donc rien à y vendre, sans quoi il est vraisemblable qu'ils ne s'en priveraient pas.

Voilà donc, par un surprenant retour de manivelle, le Marché libre et Alternext Brussels qui profitent de leur principal défaut - une illiquidité congénitale - pour offrir à leur public privilégié d'investisseurs particuliers le havre de paix auquel ils aspirent.

«Cela confirme la faible corrélation que l'on a toujours observée entre ces marchés», constate Frédéric de Laminne (Euronext).

De fait, entre le 1er janvier et le 16 août, l'indicateur officieux du Marché libre conserve une avance de 4,3% et celui d'Alternext de 1,6%, alors que le Bel 20, qui menait pourtant encore très largement la danse des indices fin mai, s'est aujourd'hui déprécié de 9,1%.

Paradoxalement, le Marché libre obtient la palme de… la stabilité. «Ce qui prouve à tout le moins qu'il s'agit d'un outil de diversification à ne pas négliger», ajoute de Laminne, selon qui l'attrait, puis la perte d'attrait des valeurs majeures aux yeux des investisseurs provoquent un mouvement de balancier successivement défavorable et favorable aux titres de PME. «La situation actuelle représente une opportunité de découverte pour le Marché libre», juge-t-il encore.

A en croire Bernard Ruzziconi, le patron de l'intermédiaire Small Caps Finance, le risque d'élargissement de la crise à la Bourse des PME est limité. «L'illiquidité de certains titres les protège d'une baisse, vu l'absence de vendeurs. Quant aux valeurs plus liquides, on constate qu'elles se sont très bien comportées», fait-il valoir.

Le risque le plus important pour les marchés de PME réside peut-être dans la capacité des investisseurs particuliers à conserver leur sang -froid: en cas de panique, la correction ne serait sans doute plus loin. Mais on n'en est pas là.

Quant à savoir si les (nombreuses) offres publiques initiales programmées pour la rentrée ne risquent pas de souffrir si la crise devait perdurer, les avis sont partagés.

Raphaël Abou, le patron de l'intermédiaire NextCap, semble le craindre. Plus optimiste, Ruzziconi réfute. «Il n'y a pas trop de souci à se faire, à partir du moment où la valorisation des entreprises offertes à la souscription n'est pas exagérée et que la levée de fonds envisagée est en moyenne inférieure à deux millions d'euros», plaide-t-il.

Fabian Lacasse


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