Dans une note récente adressée à ses actionnaires et à ses partenaires, Sodiplan fait savoir que le plan présenté au tribunal de commerce en décembre 2009 pourrait ne pas aboutir. En cause? La banque CBC qui a fait valoir le gage sur fond de commerce qu’elle détenait et qui a revendiqué toutes les créances clients, "ce qui a eu pour conséquence de nous priver des paiements des créances en cours qui étaient nécessaires pour alimenter notre trésorerie", a fait savoir Jean-François Rossignol, administrateur délégué, dans un communiqué posté sur le site internet de la société.
Ainsi mis au pied du mur, l’administrateur délégué a expliqué qu’il n’était plus en mesure de rémunérer ses collaborateurs et qu’il devenait difficile de réaliser le plan de relance tel qu’il avait été présenté au tribunal de commerce de Namur.
Injoignable à l’heure d’écrire ces lignes, Jean-François Rossignol laisse entendre dans sa note que toutes les solutions possibles sont étudiées par le conseil d’administration de Sodiplan et par le tribunal de commerce de Namur. L’idée est, notamment, d’assurer la poursuite du développement de la filiale GeoInvent.
Poursuivant son explication, Jean-François Rossignol précise que "la survie de Sodiplan devient très incertaine".
Contacté en décembre dernier, Jean-François Rossignol nous avait dit sa confiance dans l’aboutissement du plan de relance qu’il avait concocté.
La société, cotée sur le marché libre d’Euronext Bruxelles depuis 2006, était confrontée à des difficultés financières qualifiées de temporaires. L’administrateur délégué laissait alors entendre que Sodiplan disposait (à fin décembre 2009, NDLR) d’un carnet de commandes de près d’un million d’euros pour l’année 2010 tandis que des projets en cours de discussion portaient sur environ 1,5 million d’euros.
Les problèmes de Sodiplan, qui était, début 2010, en pleine phase de commercialisation d’un produit de géolocalisation en temps réel d’objets ou de biens mobiles sur des sites industriels, concernaient des liquidités bloquées pour différentes raisons.
Un montant de plus d’un million d’euros était bloqué dans le cadre d’un projet réalisé pour le ministère des travaux publics de la région flamande.
En outre, une action en justice déclenchée à la suite d’une contestation sur factures a conduit à la saisie conservatoire de 400.000 euros.
Créée en 1991, Sodiplan n’a jamais cessé de se développer. En septembre 2000, une antenne a été ouverte à Montréal afin d’assurer la couverture du marché nord-américain tandis qu’en 2006, la société s’implantait en France en rachetant GeoInvent Sud à Toulouse et ouvrait un bureau de représentation au Mali afin d’assurer le suivi d’un projet d’inventaire forestier.
Si aucune solution ne devait être trouvée pour remettre Sodiplan sur les rails, il s’agirait de la cinquième faillite sur le marché libre, après celles d’Archimède, du Val Saint Lambert, de Cinquème Saison et de ZNJ.
Nicolas Keszei

















