Ce vendredi, Euronext Bruxelles affichait en séance une part de marché de 76,57 % sur le Bel20. Chi-X, une plateforme concurrente, s'est emparée de jusqu'à 19,31 % des transactions sur l'indice. Pourtant, du côté du Palais de la Bourse, ces statistiques sont relativisées. « Nous avons connu un mois de mai exceptionnel en termes de nombre de transactions » s'est réjoui Bruno Colmant, CEO d'Euronext Bruxelles. Le nombre de transactions s'est élevé en moyenne à 76 000 par jour le mois dernier, contre 48 000 en mai 2008, précise-t-il. Ces chiffres sont en progression de 12 % depuis le début de l'année par rapport à la même période l'an dernier. La valeur des échanges a toutefois diminué, sous l'effet de la diminution de valeur du Bel 20 depuis 2008. Pour Euronext Bruxelles, qui tire ses revenus du nombre de transactions, ces nouveaux chiffres sont donc une bonne nouvelle.
La présence de Chi-X est même bien accueillie. « Ces plateformes créent du volume en plus sur les marchés réglementés. Elles permettent un arbitrage entre les plateformes alternatives et les Bourses » souligne Bruno Colmant. Toutefois, la raison de la hausse du nombre de transactions sur le Bel 20 s'explique différemment chez Euronext Bruxelles et Chi-X. Selon Bruno Colmant, Dexia, Fortis, KBC et surtout AB-InBev ont tiré la tendance. Selon Hirander Misra, chief Operating Officer de Chi-XEurope, GDF-Suez, Ackermans -VanHaaren, Cofinimmo, Belgacom et Delhaize ont mené la danse.
Mauvaise nouvelle
Il est vrai que les plateformes comme Chi-X ont amené de nouveaux volumes de transactions en Europe. Mais la perte de part de marché des Bourses conduit celles-ci à réagir. Ceci rogne leurs marges bénéficiaires. Afin de les combler, les Bourses ont le choix entre trouver de nouvelles sources de revenus, ou de réduire leurs coûts. NYSE Euronext, la maison-mère de Bruxelles, doit consentir à cet effort. Elle examine la possibilité pour NYSE Arca Europe, sa plateforme européenne alternative, de couvrir aussi Bruxelles, Paris, Lisbonne et Amsterdam. Sans ses blue chips, que deviendrait le Palais de la Bourse ?
Décryptage
Jennifer Nille

















